Archives pour mai, 2009
Voyage avec les mots
14/05/09
« Voyage avec les mots » est un site qui se propose d’expliquer les mots et les expressions de la langue française au moyen des chroniques issues de l’émission Les mots de l’actualité produite par Yvan Amar et diffusée sur RFI.
Pour chaque mot ou expression, il est possible de télécharger l’animation, l’émission ainsi qu’une fiche pédagogique.
Une rubrique pour les enseignants est également disponible, dans laquelle on trouve des outils pour mieux appréhender le travail que l’on peut faire en classe sur ce thème. Ce travail pouvant aller jusqu’à enregistrer sa propre chronique pour le site.
Le site étant nouveau, les rubriques « approfondir » et « s’exercer » seront mises en ligne prochainement. La rubrique « s’exercer » devrait fournir un logiciel ayant pour nom « Le bon mot ». A surveiller!
Site à découvrir ici: http://www.voyageaveclesmots.cndp.fr/index.php
Un de 14-18: chapitre 4
14/05/09
JE DOIS QUITTER TOUL
Un jour, grillant du café dans la cour, j’entendis cogner à la porte. La patronne vint ouvrir. C’était le commissaire de police qui demandait ce que je faisais là, moi jeune n’ayant aucune autorisation de séjour. Je suis emmené sans ménagement au poste. J’étais furieux. Questionné, (l’espionnite commençait à régner) j’exposai ma situation et mon état-civil ainsi que les endroits où j’avais déjà travaillé (Val d’Ajol, Remiremont, Paris). Le commissaire ignorait que je l’avais connu à Remiremont d’où il sortait. Mon exposé terminé, il me demande de lui citer des personnalités de cette ville. Je lui en citai autant qu’il en voulut en terminant par le sien et lui rappelant son intervention lors de l’incendie Burgunder. Fixé et paraissant ennuyé, il me dit regretter, mais qu’il était dans l’obligation « de me refouler »:
« - Je vais vous faire un laisser passer pour Neufchateau au lieu du Midi comme sont les ordres. Une fois là, vous vous débrouillerez bien pour rentrer chez vous en douce. »
Remerciements. Je revins à la maison. Je fis mes adieux à la patronne lui souhaitant bon courage et m’en fus nanti d’un gros colis. J’arrivai facilement à Neufchateau, et à peu près aussi facilement à prendre en douce un marchandise via Epinal-Arches où j’arrivai en pleine nuit. Le poste de G.V.C. me mit en demeure de rester là. Je ne me frappai pas et m’étendis sur la paille, dans la salle d’attente. Réveillé dans la nuit par une relève, je fus tout surpris de trouver un de mes oncles (Jules Dieudonné, frère de ma mère) qui évidemment se porta garant pour moi auprès du sous-off. Redemandant à partir de suite, il me répondit:
« - Pas question! C’est ton oncle Louis qui est de garde sur ton passage et lui, tu le connais: service service, il te tirerait dessus! (Cet oncle Louis est le frère de mon père) »
Après une petite discussion, le sous-off me laisse partir accompagné de mon autre oncle. (Cet oncle Louis vit toujours et se rappelle. Il a 93 ans cette année). J’arrivai à la maison vers 4 heures du matin. Mes parents furent vite debout et après les effusions me demandèrent ce qui m’était arrivé depuis la mobilisation. Je racontai mon histoire. A la suite, j’appris que mon frère Marcel était à Lunéville où il était contraint de ravitailler les fritzs, étant gérant de la COOP des faïenceries. (Quand Lunéville fut reprise, il rejoignit l’intendance à Epinal où il était affecté).
A Suivre…

« Un de 14/18 parmi tant d’autres » de René Charpentier by PhilC est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Un de 14-18: chapitre 3
14/05/09
JE DÉCIDE DE M’ENGAGER
Pendant ce temps, de la frontière, arrivaient des jeunes Alsaciens-Lorrains ne voulant pas porter l’uniforme allemand et demandant à s’engager. Rien qu’à Toul, il en vint en quelques jours, environ 6.000. Trois casernes furent nécessaires pour les héberger. Le même enthousiasme, le même désir de se battre se manifestaient chez nous, si bien que 3 commis épiciers de la maison avertirent la patronne qu’ils allaient s’engager. Inutile d’essayer de les retenir. Pour eux, la France les attendait. Tu parles!
La patronne nous fit à chacun un colis de conserves et de tabac. Et sans doute, pensant à son mari parti dès le premier jour au 156ème à Toul, versait quelques larmes en nous voyant partir vers la place d’armes près de la cathédrale.
Des quantités de jeunes étaient là. Nous attendîmes que les autorités submergées par ce flot de volontaires prennent les décisions nécessaires émanant du Ministère de la Guerre. Fiers d’être bientôt sous l’uniforme, nous patientions dans la bonne humeur. Ne touchant aucun vivre, il fallut se débrouiller. Enfin vint un ordre de nous répartir dans 3 casernes de la ville, où il nous fut distribué du pain et du singe. Eau à discrétion des bornes de la cour. Le lendemain, formés par équipes, on nous conduisit creuser des tranchées autour des forts de la ville. Situation bizarre. Et de rouspéter, clamant que nous étions venus pour en découdre et non faire les terrassiers. A peine admettions-nous quelques semaines d’instruction avant le départ en renfort.
Un beau matin, on nous distribue à chacun un vieux képi. Enfin on commençait à nous prendre au sérieux! On commençait à ressembler à un vrai troufion. C’était déjà un point d’acquis. Vous pensez si on se redressait! Vint le jour où on fut présenté au Conseil de Révision. Il était temps, beaucoup d’entre nous parlaient d’aller faire un tour dans un autre camp d’engagement. Visites ultra rapides. Tous, ou à peu près, étaient déclarés « bon ». Pour moi, il y eut un hic ainsi que pour bien d’autres. Je n’avais pas de consentement des parents. Impossible de l’obtenir, Toul ville fermée n’avait aucune correspondance avec le dehors. J’eus beau protester, crier, rien n’y fit. La mort dans l’âme, je dus abandonner les camarades, mes illusions, ma soif d’être soldat. Déçu, découragé, je rentrai chez ma patronne. Elle n’avait plus qu’un apprenti pour un gros train de commerce et sa charge de deux petits enfants ainsi que le souci de son mari dont elle n’avait évidemment aucune nouvelle. Je me remis au travail et mis de l’ordre dans les rayons qui en avaient bien besoin.
A Suivre…

« Un de 14/18 parmi tant d’autres » de René Charpentier by PhilC est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Reproduction: observer la nidification
13/05/09
Beaucoup d’enseignants profitent de cette période de l’année (le printemps) pour étudier les différentes systèmes de reproduction des êtres vivants.
Parmi les différents modes étudiés se trouve celui des oiseaux. Pourquoi ne pas alors profiter des nombreuses webcams qui existent sur internet pour suivre « en direct » l’éclosion d’oisillons de différentes espèces.
LA CHEVÊCHE D’ATHENA
L’observation d’un nichoir de chouette chevêche. La webcam est active de 7 à 21 heures. Il est vrai que les chouettes dorment souvent en journée.
Site à découvrir ici: http://www.noctua.org/webcam6.html
LES CIGOGNES DE CERNAY:

Vue sur un nid de cigogne (d’assez loin…)
Site à découvrir ici: http://194.250.20.130/home/homeJ.html
ITALIAN BIRDCAM WEBSITE
Une série de webcams braquée sur des nichoirs de faucons. Sympathique car on peut suivre les oiseaux par leurs petits noms!
Sie à découvrir ici: http://www.birdcam.it/cam.php?camid=1&subpage=cam01.php
DES FAUCONS EN SUISSE:
Deux caméras braquées un nichoir. J’ai un petit faible pour celui-ci pour avoir suivi l’évolution des bébés faucons l’année dernière.
Note: les webcams ne fonctionnent pas chez moi sous Firefox dans la fenêtre du navigateur. Elles fonctionnent parfaitement sous Chrome, Safari et IE. Pour Firefox, il suffit de cliquer sur le lien en bas de chaque webcam pour ouvrir Windows Media Player; problème de plugin?
Site à découvrir ici: http://www.turmfalke.ch/live_cam.htm
Il existe sûrement d’autres sites diffusant de telles images, si vous en connaissez, n’hésitez pas à les laisser en commentaires.
Education Nationale – Grand Corps Malade
13/05/09
Il paraît que c’est maintenant tendance d’étudier le slam en classe, alors pourquoi ne pas commencer par ce texte là?
Craies et tableaux noirs
11/05/09
La craie et le tableau noir ont été et sont toujours les deux outils indispensables de l’enseignant. Certains ont opté pour le tableau blanc à feutres effaçables (allergies oblige) et d’autres ont la chance de pouvoir exercer leur talent sur de magnifiques TBI (Tableau Blanc Interactif).
Lucinda Schreiber utilise elle aussi une (et sûrement plusieurs) craie(s) et de nombreux tableaux noirs, mais ce serait plutôt dans le domaine de la poésie visuelle.
Firekites – AUTUMN STORY – chalk animation from Lucinda Schreiber on Vimeo.
Merci à Michèle pour le lien
Anglais: le thème des animaux
10/05/09
Un travail en anglais ayant pour base de départ la chanson « Old Mac Donald had a farm ».
Au menu: fiches de préparation, flashcards, paroles de la chanson et mots croisés.
ONF: Office National du Film du Canada
10/05/09
Beaucoup de ressources en vidéos à découvrir sur ce site et dans beaucoup de domaines! Les vidéos disponibles sont variées et classées par genre: des documentaires, des films d’animation et des fictions.
Je me suis, pour ma part, intéressé à ce qui me touche de près dans mon métier, c’est à dire la rubrique « films pour enfants » où des choses vraiment sympathiques sont proposées et dont je mets un exemple ci-dessous car, autre aspect du site, le partage est autorisé!
L’autre aspect de ma visite s’est porté sur les « ressources éducatives » et j’y ai découvert la dernière production de l’ONF: « La deuxième guerre mondiale et l’ONF » tout un site sur la deuxième guerre mondiale avec, entre autres, plein de vidéos ayant rapport avec ces événements.
Un site donc à découvrir en prenant son temps, car j’ai comme l’impression que le nombre de choses qui peuvent se révéler intéressantes sont assez impressionnantes!
Site à découvrir ici: http://www.onf.ca/
Un de 14-18: chapitre 2
8/05/09
LA MOBILISATION PARTIELLE EST AFFICHÉE DANS LE NORD ET L’EST
J’étais commis épicier à Toul, rue St Jean, (Epicerie SOUVAY, un vosgien également). Tous les jours, nous allions livrer des marchandises dans l’une ou l’autre des cantines régimentaires de la garnison composée de sous régiments de 2 divisions, plus d’un Régiment d’artillerie de campagne, d’un d’artillerie lourde, d’un de dragons, d’un d’aérostiers avec deux dirigeables (Adjudant Vincent et Adjudant Réau) de l’intendance du corps d’armée, d’un régiment du génie, de l’État-Major des deux D.I. Dans toutes les casernes, on constatait une fébrile agitation. Des trains de matériels neufs, de vivres, de munitions se succédaient en gare et ces stocks s’entassaient dans les magasins ou casemates des fortifications. Cela commençait terriblement à puer la guerre. Et le ciel persistait à être toujours aussi rouge… Puis vint le coup de SARAJEVO qui allait mettre en branle tout ce qu’on redoutait et espérait tant à la fois: l’affichage de la mobilisation partielle dans les régions de l’Est permettant la mise en place des troupes de couverture des régions de VERDUN, NANCY, TOUL, BAR le DUC, NEUFCHATEAU, EPINAL, LUNEVILLE, COMMERCY, BESANCON et BELFORT. C’était le 28 juillet.
Les réservistes arrivèrent aussitôt. En deux jours, les effectifs étaient au complet, soit 32.000 hommes qui rejoignirent aussitôt leurs positions de combat.
Ce fut vraiment beau ce défilé dans les rues si étroites de l’époque de Vauban avec son enceinte de fortification percée de 4 portes à pont-levis. Ce n’était qu’un océan de képis et de pantalons rouges et de capotes bleues. Sur leur visage clair, les hommes montraient une lumière indéfinissable de force et de gloire à venir. Ils ne songeaient pas à la terrible aventure vers laquelle ils allaient, pas plus qu’aux flots de sang qu’il faudrait verser pour l’avoir. Ce sang, de tant des leurs, dont le ciel était toujours marqué.
Pourtant, sur les trottoirs, femmes et enfants laissaient tout de même voir des pleurs…
Puis ce fut le 2 Août. Les escarmouches commencèrent. Saverne, Munster, Colmar sont pris. Colmar le fut sans doute, il fallait le lâcher. Et ça continuait, on approchait de Metz, de Strasbourg. C’était la joie, on se voyait déjà à Berlin (Que ne racontait-on pas?) Jusqu’à cette fameuse toute nouvelle poudre: la Turpinite, dont étaient chargés nos obus. Poudre terrible dont la fantastique explosion foudroyait le boche sur 100 m de rayon! Le laissant dans la position où il se trouvait à ce moment!!!
Mais bientôt vinrent d’autres nouvelles. La Belgique violée, les troupiers de ce pays pourtant très braves, obligés de céder. Puis ce fut la tragédie de Charleroi, notre repli sur l’Aisne, la Marne, Paris menacé. Enfin, ce fut l’arrêt avec la victoire de la Marne. Elle allait nous permettre de souffler et d’espérer.
A Suivre…

« Un de 14/18 parmi tant d’autres » de René Charpentier by PhilC est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Un de 14-18: chapitre 1
8/05/09
JUILLET 1914
L’été se déroulait sous un soleil resplendissant. Il faisait bon vivre. C’était la belle époque! Bien sûr, il y avait Guillaume II et son gouvernement qui se montraient arrogants. Bien sûr, il y avait eu Algésiras, le coup du Zeppelin sur Lunéville, cet officier prussien qui faisait descendre du trottoir tout Alsacien en les insultant grossièrement. Il ne fallait pas que ce fou hargneux, odieux risque d’être frôlé par un Alsacien… Bien sûr, il y avait les provocations des troupes allemandes venant défiler au pas de parade à la frontière, narguant ouvertement les populations. Bien sûr, il y avait continuellement des violations de territoire. Et tant d’autres choses qu’insouciant et bon enfant le Français ne voulait pas voir. Il faisait si bon vivre! Pendant que ces événements se déroulaient, un phénomène curieux se déroulait. Au réveil, un matin, les régions de l’Est et du Nord constataient que le ciel était au ¾ rouge. D’un rouge sang. Et cela durant plus d’un mois. Cela devenait obsédant. A la longue, les gens influencés se montraient inquiets, nerveux, d’autant plus que les vieillards y voyaient un avertissement du ciel. Et la situation allait toujours s’alourdissant avec les Allemands.
A Suivre…

« Un de 14/18 parmi tant d’autres » de René Charpentier by PhilC est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.







