Scribble Maps: créer des cartes personnalisées
J’avais écrit un article, il y a peu de temps sur un nouveau service géographique appelé Edugéo, le Géoportail de l’Education. J’y émettais des réserves quant au prix de l’abonnement et des outils proposés.
J’ai découvert grâce à Gemtice un outil très simple d’utilisation et gratuit. Ce service se nomme Scribbe Maps.
Scribbe Maps permet de créer des cartes personnalisées sur les bases des cartes de Google Maps.
Il permet notamment:
- d’y indiquer des endroits remarquables grâce à des repères et d’ajouter du texte explicatif
- utiliser des outils simples de dessins afin de définir des zones sur une carte. (dommage au passage que seule la fonction coloriage soit applicable; j’aurais aimé que l’on puisse hachurer ou pointiller certaines zones…)
- exporter ces cartes sur des sites, des blogs au moyen d’un code à copier-coller
- exporter les cartes au moyen d’un fichier KMZ (Google Earth) ou GPX (pour les GPS)
- ou plus simplement en format image JEPG pour impression
Un service très utile en primaire pour par exemple préparer une promenade sur carte, faire un compte-rendu de promenade et bien d’autres choses.
Je me suis amusé à créer la carte d’une balade qu’ont l’habitude de faire les élèves des environs de Vesoul qui ont la chance de pouvoir aller observer les oiseaux migrateurs de passage au lac. La création et la publication sur le blog ne m’ont pris que 10 minutes à peine. Je pense qu’il ne devrait pas y avoir beaucoup de problèmes pour que des élèves de cycle 3 (après un petit topo de l’enseignant) puissent eux-aussi publier leurs propres cartes.
Site à découvrir ici: http://scribblemaps.com/
Version française en cliquant sur l’icône de gauche (« menu »)
| Cette entrée a été posté par PhilC le 6 mai 2009 à 11 h 04 min, et placée dans Géographie, sciences. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |




about 1 year ago
Bonjour,
Il est suggéré dans cet article que l’utilisation du service Scribble Maps en classe serait préférable à celle d’Edugéo au motif qu’elle est gratuite.
Qu’en est-il de cette prétendue gratuité ?
Les lois et les règles de financement des activités économiques font que les produits et services gratuits fournis par les organismes publics sont en réalité financés par le produit de l’impôt alors que ceux fournis par les entreprises privées sont en fait des supports publicitaires ou des produits d’accompagnement (« hors-produit tangible » comme disent les mercaticiens) d’une vente effective.
La très grande entreprise au cent zéros dont il est question en réalité, pour connaître un vrai succès de notoriété en raison de la fourniture de services performants et fournis gratuitement pour une utilisation individuelle, n’en pratique pas moins ce faisant son modèle économique qui est celui de la vente de services de publicité en ligne sur le web ; l’unité de compte des recettes commerciales est la centaine de millions d’euros, pour un total publié de près de 150 pour l’année 2008.
Le service intermédiaire privé évoqué dont il est fait la promotion ici s’insère parfaitement dans la chaîne de création de valeur mise en place par la multinationale évoquée plus haut en fournissant , conjointement à son service « gratuit », des publicités pour des annonceurs industriels et commerciaux. Il s’agit là de la mise en œuvre de la démarche publicitaire des médias (internet mais aussi TV, radio, journaux etc..) traduite par une expression maintenant fameuse évoquant l’ « achat de temps de cerveau disponible ».
Le service intermédiaire que vous envisagez d’utiliser en classe précise que « [Service intermédiaire ] n’est pas affilié à [Service source] » mais affiche par obligation contractuelle dans son service les conditions d’utilisation du service source qui semblent bien lier l’utilisateur final puisque ce sont les données fournies par ce service source qui s’affichent sur l’écran de celui-ci ; ces mentions légales distinguent des utilisations personnelles, professionnelles et commerciales sans en fournir une claire définition laissant ainsi la situation d’un enseignant en classe utilisant [Service intermédiaire] dans une totale incertitude juridique.
Le service intermédiaire ne fait qu’encapsuler le service source avec un cadre éditorial, quelques fonctionnalités, minimales dans ce cas, et la publicité ; c’est l’annonceur qui paie la rémunération du service initial qui rétrocède des royalties à l’intermédiaire.
Ce mécanisme est clairement traduit en chiffres dans le rapport financier de la très grande entreprise citée ; c’est elle qui compte les « hits » sur les bandeaux publicitaires, base de la facturation aux annonceurs, et rétrocède aux services intermédiaires la partie de recette qui leur revient contractuellement.
En outre, la « privacy policy » de cet intermédiaire indique clairement (en anglais, est-ce bien raisonnable dans un classe francophone en France ?) que si les cookies, qui permettent le retracement de l’activité en ligne de l’utilisateur sont désactivés, alors le service peut-être désactivé en tout ou partie.
Il est en effet indispensable que ces cookies existent et soient actifs puisque c’est « LE » moyen technique qui permet in fine la facturation du service à l’annonceur.
Le mécanisme qui permet une apparente gratuité est donc clair ; il s’agit d’adjoindre des bandeaux publicitaires aux informations diffusées ; s’il peut être jugé commode ou ludique ou au moins acceptable dans un cadre privé, il ne respecte par contre en rien la neutralité qui est la règle dans un établissement d’enseignement. Tel est le prix de la gratuité lorsque celle-ci n’est pas financée par l’impôt.
Ces commentaires m’amènent à vous poser deux questions :
1- A l’école ou au collège, envisagerait-on désormais comme support de cours des dépliants publicitaires au motif qu’ils sont gratuits, plutôt que les manuels payants agréés par le ministère ?
2 – Ne considérez-vous pas que l’éventuelle utilisation en classe des services Google Maps en régime gratuit enfreindrait en réalité les conditions générales d’utilisation du service exposées par cette entreprise et vous placerait en réalité dans l’insécurité juridique ?
3 – A moins de un euro par an et par élève, Edugéo est-il réellement hors de portée des établissements et des collectivités publiques qui leurs fournissent les infrastructures et les services nécessaires à la bonne marche des établissements ?
Avec mes remerciements pour votre attention et vos réponses à venir.
Bien cordialement
[Répondre]
about 1 year ago
Bonjour,
je vous remercie tout d’abord pour les explications concernant le fonctionnement de la « très grande entreprise » que je cite dans mes deux articles ainsi que les rouages de celle-ci que je connais par ailleurs. Comme vous avez pu le constater à la lecture de « Edugéo: géoportail de l’éducation » et de « Scribble Maps: créer des cartes personnalisées », je me suis placé à chaque fois dans le cadre d’une utilisation à l’école primaire et non au collège que je ne connais pas. Il faudrait avoir l’avis de professeurs de géographie pour l’utilisation d’un tel service.
Pour répondre à vos questions:
1/ Je suis dans le cas de mes articles sur une utilisation ponctuelle du service Google Maps et non sur un projet (toujours en primaire et non au collège) et donc, ce service peut répondre à un besoin de l’enseignant pour telle ou telle séance. Quant à l’utilisation de « dépliants publicitaires », que penser alors de l’utilisation qui est faite dans les classes de tubes de dentifrice et de brosses à dent, là encore d’une très grande marque, et servant à sensibiliser les enfants sur l’hygiène bucco-dentaire ou de la distribution d’échantillons de céréales par une très grande marque de corn-flakes pour sensibiliser les enfants sur l’importance d’un bon petit déjeuner!!! Et dans un autre domaine, que penser de la possibilité pour les enseignants de pouvoir obtenir une version complète et gratuite du Pack Office d’une, là encore, très célèbre marque commençant par M…? On peut dans un premier temps se réjouir d’une telle initiative mise en place par le Ministère, mais on peut aussi s’inquiéter de la main mise de cette même grande marque sur l’Education Nationale…
2/Dans une utilisation à l’école primaire, on ne va pas demander aux enfants de produire des cartes (ou alors cela se fera sur support papier). Je me plaçais donc, dans mon article, dans le cas où je pourrais avoir besoin d’une carte pour illustrer une séquence de géographie. Dans ce cas, libre à moi et sur mon ordinateur personnel d’accepter (ou non) les cookies de G…
Si G… pose tant de problèmes que cela, autant restreindre son accès sur les IP des postes informatiques des écoles… mais je ne suis pas sûr du retour que cela aurait!
3/Vous dites « à moins de un euro par an et par élève » et je vais vous donner un exemple concret. A quelques jours de la rentrée, nous allons avoir des réunions de l’équipe éducative dans mon école. Je décide cette année de faire de la géographie et j’annonce en réunion que je désire abonner l’école à votre portail. Dans un premier temps, je pense honnêtement que tout le monde sera emballé par l’idée, mais que, dans un deuxième temps, cette même idée sera largement rejetée une fois son prix annoncé. Pourquoi? Car concrètement: seule la classe de CM2 se servirait de cet outil et il se pourrait fort bien que les autres enseignants des autres cours veuillent bénéficier, eux aussi, d’un crédit de 300 euros sur le budget de classe… On peut aussi comprendre la réaction négative que pourrait avoir la mairie de mon village si l’équipe éducative demandait un abonnement à votre portail. Vous annoncez un prix de » moins de un euro par an et par élève », mais vous vous rendrez bien compte que dans le cas de cette classe de CM2 qui pourrait avoir 30 élèves pour des facilités de calcul, ce prix de revient serait alors 10 fois supérieur à celui que vous annoncez.
En conclusion: l’objectif de cet article n’était pas de mettre en cause le formidable travail de l’IGN, mais bien de pointer du doigt un tarif qui se révèle très onéreux dans le cas d’une utilisation simple dans une école primaire. Je le répète, je ne me suis placé que dans le cas d’une utilisation en école primaire, car le cas d’un collège peut (et est) très différent comme modèle de gestion.
On peut aussi regretter que des « accès tests » ne soient pas possible ou qu’aucune invitation à utiliser le service ne soit disponible comme c’est le cas pour bon nombre de services payants. (ces invitations servant ensuite de « relais publicitaires » pour le produit par le biais du bouche à oreille).
Merci de m’avoir lu.
Cordialement
[Répondre]
about 1 year ago
Bonsoir,
en effet je crois commencer à mieux comprendre votre point de vue ; je reprends de même les trois points pour commencer :
1- sur les marques ; il serait en effet totalement illusoire de chercher à aseptiser le matériel scolaire de toute publicité; depuis longtemps les éditeurs de livres scolaires apposent leur marque, de même que les fournisseurs de cahier, etc, sans que cela ne traumatise personne. Un décryptage de message publicitaire est souvent l’objet de leçons captivantes ; il me semble que le problème peut survenir lorsque le message publicitaire est présent en classe en dehors de tout décryptage ; cela dit, ce n’est que le modeste point de vue d’un très ancien élève aujourd’hui plus actif en publicité qu’en pédagogie. Pour résumer, je fais confiance aux enseignants, mais ça ne m’empêche pas de dire mon point de vue.
2- Le projet Edugeo prend en compte une demande du ministère qui visait à introduire l’usage d’outils de géomatique adaptés à l’enseignement du primaire à la terminale ; il semble donc qu’il y ait une différence d’approche entre le ministère et la base ; mes remarques sous-entendaient que l’usage de l’outil était fait en classe. J’entends bien que faire travailler toute une classe sur outil informatique ne s’improvise pas.
3- Sur le prix : le prix d’un euro est évidement trop cher pour acquérir le droit d’usage d’un service qui ne serait pas utilisé. Je précise tout de même qu’en fonction d’une prévision d’usage réel mais relativement faible par rapport à celui fait en collège, un prix global pour toutes les écoles d’un département pourrait sans doute être négocié entre un conseil général et l’IGN. Cette approche me semble plus pragmatique et susceptible d’aboutir, l’idée de l’IGN ne consistant évidemment pas à siphonner les toujours trop maigres budgets autogérés des écoles, ni ceux des petites communes rurales.
4- J’ajoute un quatrième point, peut-être plus intéressant pour vous dans l’immédiat : pour une utilisation très ponctuelle du genre que vous évoquiez, certains services en ligne utilisent désormais les fonds IGN servis par l’API Géoportail ; beaucoup ont été élaborés par des randonneurs (ski, VTT, marche, escalade, …). L’un d’eux ressemble d’assez près à ce que vous souhaitez : http://clic0.free.fr/api_ign/clic0_gpx.php . L’accueil est là : http://clic0.free.fr/ ;c’est sans publicité et 100% francophone.
En espérant que nos échanges publics permettront à nos administrations respectives d’affiner leurs stratégies pour un meilleur usage de l’information géographique en classe, dans l’intérêt des élèves et donc de tous.
Bien cordialement
[Répondre]
about 1 year ago
Bonsoir,
je vous remercie tout d’abord de la considération que vous avez pu avoir vis à vis de mes propos.
Vous mettez, dans votre dernier commentaire, le doigt sur un problème qui reste crucial pour moi dans ce genre de projet assez conséquent: la concertation!
En effet, qui sont les mieux placés pour parler des besoins des enseignants dans tels ou tels domaines si ce ne sont les enseignants eux-mêmes.
Comme vous le suggérez, il serait bon, qu’à l’avenir, les principaux utilisateurs soient consultés en amont avant que ne soient mis en place des projets qui, et comme vous le dites, « sont en réalité financés par le produit de l’impôt ».
Je suis comme vous et espère aussi que cet échange pourra être pris en considération pour de futurs projets.
Je vous remercie également pour les liens très sympathiques que vous avez bien voulu donner dans votre dernier commentaire, car effectivement, cela permet de faire des choses intéressantes!
Cordialement
[Répondre]