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Un de 14-18: chapitre 20
7/01/11
NOS PREMIERS TUES- DE SANG-FROID, JE TIRE POUR LA PREMIERE FOIS UN BOCHE
Pour nous mettre du plomb dans la tête, on nous fit renforcer les deux réseaux de barbelés qui nous protégeaient. On nous fit aller chercher notre soupe à l’arrière pendant huit jours. C’est lors d’une de ces corvées que le régiment eut ses premiers tués. Trois de ces corvées (malgré l’interdiction) avaient pris l’habitude de quitter le boyau pour passer sur le terrain. C’était narguer les boches ! Si bien qu’un beau jour, ils leur envoyèrent une vingtaine de 77. Résultat : 5 tués. C’était bête et surtout bien triste pour les parents à la réception de cette nouvelle. Mais hélas, passons ! Il allait arriver un temps où nous serions cuirassés.
C’est bien tristes que ce jour-là les rescapés rentrèrent. Il n’y eut pas de compliment non plus cette fois là.
C’est dans ce secteur que j’eus l’occasion de tirer à vue sur mon premier Fritz. De guet à la tranchée au côté d’un mar-gis d’artillerie observateur pour son groupe, il me fit remarquer un boche bricolant à quatre ou cinq cent mètres, à côté d’une maison en ruine. C’était se foutre de nous ! On décide de faire un carton. Chacun à son créneau, on vise soigneusement et : pan ! pan ! On regarde, l’allemand n’avait pas bougé et continuait. C’était vexant, car, pour ma part, aux séances de tir, je faisais mouche à 400 mètres. Le sous-off recommence, même résultat. J’en déduis aussitôt que l’ayant raté, il avait le droit de vivre. Ce n’était pas on heure : qu’il vive !

Un de 14-18: chapitre 19
20/10/10
ÇA DEVIENT SERIEUX- UNE FUSILLADE- 5 BLESSES
La deuxième nuit vint. Les deux FRENOT, nous étions exempts de garde. On alla se prélasser toute la nuit dans notre trou. On avala la soupe qui, cette fois, était à peu près chaude, donc meilleure et fumâmes une bonne cigarette. La toile de tente bouchant bien notre trou, nous étions bien.
Je ne sais depuis combien de temps nous dormions quand un coup de pied dans les tibias de FRENOT et un ordre hurlé:
- « Tout le monde aux créneaux, les boches attaquent ! » nous réveille en sursaut.
Hébétés, on se pique debout, on attrape le fusil, on l’arme et courons à notre place. La fusillade me paraissait monstrueuse. Sans doute la trouille et mal réveillé. Les balles sifflaient drôlement au-dessus de la tranchée. D’autres, avec leur « floc » particulier, s’enfonçaient dans la tranchée, d’autres derrière nous. De quoi faire trembler les bleus que nous étions. Comme tous, je ne m’en privais pas. Les obus se mirent aussi de la partie et devinrent dangereux. En sifflant, les éclats nous parvenaient un peu trop à mon avis. Regardant mes deux voisins, je vis en action notre caporal et FRENOT qui allaient commencer à tirer. Il me fallait y aller aussi et tirer. J’allais me mettre bien en face de mon créneau pour viser quand l’idée effrayante me vint qu’une balle boche pouvait passer par ce trou et me trouer ma petite cervelle! Ah non! Pas de ça! Tirer: oui! Faire la guerre: oui! Mais pour ça, il ne faut pas se faire tuer! Et fort à propos, je me souvins que les types du 45ème nous avaient dit que les créneaux avaient été faits de telle manière que, le fusil bien engagé, il n’y avait qu’à tirer pour dégager le terrain jusqu’aux lignes boches. Ça, c’est des constructeurs! Jetant un coup d’œil, je m’aperçus qu’aucun tireur ne semblait bien viser et maintenait la tête à côté du trou. Au reste, viser quoi? La fumée des obus devenait opaque et quoique le terrain fût illuminé par les fusées, on ne voyait rien, ce que confirmaient nos chefs de section. Me mettant de côté, je me mis à tirer vidant 7 boîtes de cartouches. C’eut pu être amusant s’il n’y avait pas eu les balles et les obus. Heureusement sans grand mal. Il n’y eut que 6 blessés légers pour le bataillon, aucun pour notre compagnie. Aussi vite l’affaire était venue, aussi vite elle s’arrêtait. Un ordre:
- « Cessez le feu mais que chacun reste aux créneaux ! »
Un silence formidable suivit le vacarme. Nous étions plus impressionnés que pendant la fusillade. Sans doute la réaction de la tension nerveuse. Puis un autre ordre : rentrer dans ses abris en ne laissant que les guetteurs habituels. Dans les cagnas, chacun de commenter les faits. Nous avions tous tirés beaucoup de cartouches. On rappelait le miaulement rageur de nos 75 qui s’abattaient chez Fritz. On était persuadé que nous avions repoussé une attaque formidable et que le terrain devait être jonché de cadavres ennemis. (Les Fritz devaient sans doute en dire autant !) Mais cette euphorie ne dura guère. Au petit jour, on est réveillé par les hurlements du pitaine, des lieutenants, de l’adjudant qui nous traitaient de trouillards, de femmelettes, de j’m’en foutisme. Rassemblés, on nous amène devant nos créneaux :
- « Allez, crétins, regardez votre travail ! »
Puisque c’était l’ordre, on regarde. C’était piteux mais d’un cocasse formidable ! Devant chaque créneau, il n’y avait non pas des boches d’étendus, mais, à deux ou trois mètres, un trou formidable creusé par nos balles. Et le bouquet, c’est que devant les créneaux des sous-offs, c’était pareil ! Tous, se souvenant de ce qu’avaient dit les hommes du 45ème, nous avions appliqués à la lettre ces renseignements avec la certitude de l’efficacité ! Résultats : on nous avertit que, comme punition, nous resterions plus longtemps en lignes.
Cette affaire nous fut une bonne leçon. Elle nous fit comprendre qu’il fallait se méfier des racontars et n’agir que d’après notre propre expérience. Expérience qui restait à faire. On sut dans la journée que ce branle-bas était le résultat de l’énervement de deux sentinelles de la 5ème qui, sous l’effet d’une vive frousse, étaient convaincus d’avoir vu bouger devant leur poste d’écoute et croyaient avoir affaire avec des patrouilleurs boches. S’empressant de vider leurs fusils, les postes voisins, inquiets, en firent autant. Ainsi alerté, le bataillon suivit le mouvement. Ce qui amena la riposte boche, entraînant les tirs de barrage réciproques. Ah ! Pauvres bleus que nous étions !
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 16
8/08/10
NOUS QUITTONS LE CAMP- TRAVERSÉE D’ÉPERNAY- ON EST NOYÉ DE VIN
Le surlendemain, réveil à 5 heures. Départ à 6h30. Jus, casse-croûte et en route vers Epernay. Il faisait un beau temps sec. On était joyeux, peut-être allait-on embarquer pour les Dardanelles. (Encore ces Dardanelles !). Mais il était écrit que jamais nous ne verrions de demoiselles voilées. Dommage ! Gaillardement, nous fîmes ce premier jour, nos trente-deux kilomètres, coupés de la grande halte où nos cuistots nous servirent singe chaud et patates avec ¼ de vin et un jus. Dans ces moments là, il n’y avait pas encore de roulante et le rata se faisait dans les talus et les fossés, par sections. Quand au jus, on le broyait à coups de crosses de fusil dans un plat de campement. On le flanquait dans une chaussette ou un mouchoir pour le passer ! Ça allait tout bien. Une de repos avant la reprise. Cette première journée fut donc sans histoire à travers le désert de la Champagne pouilleuse avec ses petits pins rabougris et son herbe grasse de craie et que le printemps n’arrivait même pas à reverdir. Les chansons fusaient quand même, vous savez, ces chansons de troupiers plus ou moins grivoises dont certaines venaient déjà des troupiers de Louis XV. C’est encore les meilleures. Nous arrivâmes au cantonnement. Je ne me rappelle plus le nom. Aucune importance. La soupe fut vite avalée et nous fûmes dans la paille. Tout de même, 32 Km avec 50 Kg sur le dos, ça compte quand même ! Au réveil, nous furent assaillis par les gosses qui nous réclamaient nos biscuits, ces fameux biscuits durs comme pierre et très nourrissants mais qu’il fallait casser à coups de crosses sur des pierres et qui sont inconnus de la troupe maintenant. Impossible de les satisfaire, nous n’en avions pas encore touché. Le jus pris, on se remet en route. De la vigne, beaucoup de vigne entre deux patelins. Arrivés sur une crête, on voit à nos pieds une belle ville s’étirant sous le soleil : Epernay. A son entrée, un ordre : arme sur l’épaule, pas cadencé, marche ! On allait donc défiler. Les cliques des bataillons soutenaient la cadence. La traversée est longue, les langues se parcheminent, le soleil est ardent. Les rues sont pleine de monde nous acclamant. Parmi eux, on remarque des bonnes vieilles qui se lamentent :
- « Mais regardez donc ! Ce n’est que des gosses ! Si c’est pas malheureux de les faire tuer ! A quoi donc pense le gouvernement ! »
Bien sûr, 9 sur 10 étaient imberbe, mais, eh là, grand-mères nous sommes des hommes tout de même. Arrivés aux faubourgs, on constate un flottement dans la cadence. On compris vite. On distribuait du champagne à gogo, et cela sur bien 200m ! J’en ai bu 5 quart pour ma part. Nous étions propres ! Les officiers qui ne donnaient pas leur part disaient bien :
- « Pas plus d’un quart seulement »
Ben oui, d’accord puisque aussi bien, on ne pouvait avaler qu’un quart à la fois ! Oui, mais voilà, il y avait toujours des paniers alignés. Ajoutez à cela un soleil de plomb et les 20 km déjà dans les jambes, bridées par les courroies, la charge et ce sacré pas cadencé, plus très respecté il est vrai. Finie la belle tenue du régiment, les ordres avaient beau pleuvoir, seul était maître le champagne ! Les clairons ne faisaient même plus de couac ! Ils étaient raides ! Et ne jouaient plus que du quart ! Le colon était furieux. Caracolant le long de la colonne, il ne cessait de nous apostropher, mais sans résultat. Devant cette situation qui tournait à la pagaille, il prit la sage résolution de nous faire faire la grande halte à 2 km de là. Il permit un casse-croûte. Repos de trois heures, ce qui permit aux vapeurs du champagne de se volatiliser. Encore un peu ahuris, on reprit le barda. Pour nous remettre et nous punir, on fit 2 Km de pas cadencé. Ben, je vous jure que ça compte, mais personne ne se plaignit. La vie avait été trop belle. Vers 18 heures, on arrive à Villedomange, coquet village entouré de vignes. Très bien reçus par les habitants, attendris eux aussi, de nous voir si jeunes. Ils s’évertuèrent à nous donner tout le confort possible dans leurs maisons. On mit à notre disposition du champagne nature à 12 et 15 sous le litre suivant degré, ce dont nous profitâmes, mais sans abus. Nous y restâmes 8 jours passés à refaire un peu d’exercice ou d’escrime à la baïonnette. (Pour ce que ça servait cette escrime ! Durant toute la guerre, je ne me suis jamais vu pas plus que les copains en appliquer les règles quand on se trouvait devant un Fritz. On faisait comme on pouvait : ou bien l’un ou l’autre des deux belligérants prenait la tangente ! C’était moins dangereux !) Nous avons toujours pensé que les pondeurs de ces règles étaient de grands farceurs.
Le 8ème jour, l’ordre suivant (ou à peu près) nous est communiqué : » Les éléments de la classe 15 formant la 307ème brigade (405 et 407ème) étant arrivés à la fin de leur instruction, vont, sur l’ordre du G.Q.G, avoir l’honneur d’entrer en contact avec l’ennemi. C’est la dure réalité de la guerre. Cette brigade prendra position avec une brigade plus aguerrie. Jeunes de la classe 15, le général en chef vous salue. L’avenir vous attend. Il met sa totale confiance en vous. » Après le rompez les rangs, des groupes se formèrent en commentant cet événement. Pour ma part, ça me remuait tout de même. Comme je dis à FRENOT:
- « J’en ai marre de faire de l’exercice et il ne faut pas oublier ce pourquoi on est là. Au moins, une fois dans le bain, on n’y pensera plus. Au diable tout le reste, faut pas s’en faire ! T’é rohon, m’y c’ot pouèroïlle ! »
On perçut 250 cartouches. Encore un peu plus de charge. On fit de l’entraînement de lancement de grenades. C’étaient les premières de cette guerre, des boules d’environ 800g. Elles étaient munies d’un anneau. On passait au poignet une courroie en cuir terminée par un mousqueton que l’on fixait à l’anneau mobile de la grenade. Bien dans la main, on faisait le mouvement de lancement par une rotation d’1/4 de tour de bras en partant de l’arrière. Quand on était à la verticale de l’épaule, on lâchait brusquement l’engin. Le mousqueton, en se libérant amorçait l’engin qui explosait 5 secondes après. Je n’ai jamais pu les lancer correctement. 8 fois sur 10, elles tombaient à mes pieds. J’étais donc un danger. Ça me vexait bien un peu, mais pas tellement quand même. Je serais donc voltigeur. Ça m’allait aussi bien et je n’aurais pas à porter ce poids supplémentaire. Et puis, il fallait des patrouilleurs, j’en serais ! On me remit aussi une cisaille énorme. Je devenais le cisailleur de l’escouade. Je n’avais pas prévu cela. Ça me fit faire la grimace en moi et ma gorge se nouait un peu. Je me voyais déjà, certaines nuits, envoyé pour aller couper les barbelés d’en face pour préparer une sortie, cela sous les fusées, les balles, les obus. Bref, je trouvais que cela devenait bien embêtant tout ça ! Rien ne va comme on croit ! Le cabot que je questionnais avec le plus de désinvolture possible, m’expliquait que l’on ne s’en servait qu’aux attaques si les barbelés n’étaient pas suffisamment hachés par les obus. Ça redevenait un peu meilleur. A l’occasion, je n’aurais qu’à dire des bonnes prières pour que les artilleurs fassent bien leur boulot ! C’est donc fier que j’arrimai cette cisaille sur mon sac. J’arrivais même à me persuader que les camarades se disaient :
- « Il a du cran Charpentier quand même ! »
En douce, je me disais :
- « Le premier obus qui tombe à côté de moi, je la balance et dis qu’elle a été pulvérisée ».
Mais je ne le fis et n’eus jamais à m’en servir par la suite.
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 15
4/07/10
PRÉSENTATION DU DRAPEAU- JE RETROUVE CREUSAT ET BALLAND
Faisceaux formés, sacs à terre, le tout bien aligné, nous attendons les 5 ficelles et les feuilles de chêne. Beau temps, mais un peu froid. Parmi toutes les nouvelles qui circulent, j’entends que les 107ème et 121ème chasseurs sont là. Par échange de nouvelles, je savais que CREUSAT et BALLAND étaient à la 6ème compagnie du 107ème. Sans plus, je quitte les rangs et me voilà parti à leur recherche.(J’oublie de prévenir FRENOT qui devait bien m’enguirlander avec raison à mon retour.) Surprise de nos deux conscrits. Notre joie était belle, mais elle ne dura que peu car on sonnait la générale. Je les quitte et bondis vers mon 407ème pour arriver tout essoufflé au commandement de sac à dos. Pas malin, mais content tout de même, je rentre dans le rang et m’équipe. (FRENOT avait eu la gentillesse et l’esprit de camoufler mon sac.) Mais TISSOT avait vu et, en attendant la suite, me gratifiait d’un coup d’œil qui promettait. Il n’y eu rien, sauf l’engueulade méritée de FRENOT et l’avertissement du sous-off qui me dit :
- « Passe pour cette fois, mais attention ! »
Heureux de mon escapade et d’avoir vu mes deux Raonnais je me fichais éperdument de tout ce qui pouvait advenir.
(UNE PARENTHÈSE) De toute la guerre, je ne revis pas CREUSAT qui fut fait prisonnier à Verdun en juin 16. Quand à BALLAND, je le revis pour la dernière fois en mai 16 étant tous deux en permission. Je n’oublierai jamais sa douleur et ses pleurs lors de notre séparation à Raon-Basse. Il était avec deux de ses frères (Léon et Félicien) qui eux aussi, étant en fin de permission, s’en retournaient au front. Il ne voulut jamais que je l’accompagne jusqu’à Arches. Tout en me disant au revoir, au milieu de ses pleurs dont il était fort en colère, il me disait :
- « C’est ma dernière permission, je serai bientôt tué, tu verras. »
C’était malheureusement vrai. Le 23 juin, il était pulvérisé par un gros noir. Le même soir, CREUSAT était prisonnier. Monté en ligne le même jour que nous, leur bataillon en descendait 4 jours après avec 180 hommes. Ils étaient montés à 1800… A notre descente des lignes, j’allai pour les voir. Ils étaient à la Citadelle. Il n’y avait plus que 6 hommes de leur compagnie sur 250… Aucun ne put me donner de précisions sur l’un ou l’autre. Le cœur gros, j’avisai leurs parents, leur faisant espérer la capture. Hélas, ce n’était vrai que pour CREUSAT. Ce n’est que longtemps après la guerre que BALLAND fut officiellement porté disparu…
REVENONS A NOTRE REVUE : Face à chaque unité, un sous-lieutenant porteur d’un drapeau tout neuf avec une garde de 4 hommes baïonnette au canon. A tour de rôle, le divisionnaire faisait avancer cette garde et le colonel la recevait avec le drapeau. Celui-ci était aussitôt présenté à la troupe. Les sonneries Garde à Vous et Au Drapeau retentissaient. A chaque fois, il régnait un silence absolu, total, inouï. Ce sont vraiment des instants marquants. Je vous jure que cela provoque un drôle de choc intérieur. Chacun sentait qu’il avait une part bien à soi dans cette soie tricolore qui représentait notre régiment lui-même tout neuf. Vierge de toute inscription de bataille, nous mettions intérieurement notre honneur de combattants pour y inscrire des noms. Noms qui seraient notre gloire et celle du pays. Il n’y avait qu’à regarder chaque visage pour être sûr de cela. A ce moment là, nul ne songeait au sang qu’il nous faudrait verser. Nos vingt ans, seuls parlaient. On ne voyait plus que la France tout simplement. Cette France que l’on nous avait tant appris à aimer. Vive la France ! Vive l’armée ! Vive le 407ème .
Et ce fut l’impeccable défilé de chaque unité devant l’État-Major paraissant réellement étonné de l’allure de ces gosses de vingt ans aux quarante jours d’instruction. Et quartier libre !
Avec FRENOT, nous repartîmes pour retrouver les chasseurs. Déception, il n’y avait plus personne ! Par ordre supérieur, le 107ème et le 121ème étaient pour embarquer et être affectés à une autre division. C’est un peu cafardeux que nous rentrâmes au cantonnement.
A la suite de cette prise d’armes, le rapport nous appris la composition de notre division : 2 régiments d’active de Lille (les 39ème et sa réserve le 239ème), un régiment nouveau ( le 405ème du 5ème corps et nous du 7ème corps). Nous formions une division volante. A chaque montée en ligne, artillerie et génie nous seraient désignés. Donc, pas d’attache avec un corps d’armée. Comme toutes les nouvelles divisions, nous dépendions du G.Q.G. Nous étions commandés à cette époque par : à la D.I. le Général TOULORGE, à la brigade le Colonel BORDEAUX pour la 1ère et pour la 2ème le Général BATAILLE. Notre Colonel était le père ALLAIN comme déjà dit. Il était assez court, un peu bedonnant avec une forte moustache à peine grisonnante dans une face avenante, des yeux perçants éclairés de bonté et de malice, marchait comme un matelot à terre et malgré cela, bouillonnant et alerte. Ajoutez à cela un renom de grande bravoure, un grand souci du bien-être de ses soldats. Par la suite, tout cela fut confirmé. Brave père ALLAIN. Il avait su et très vite nous attirer à lui et nous inspirer confiance. Il pouvait nous demander beaucoup, il le fit par la suite.
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Un de 14-18: chapitre 13
19/06/10
J’EN AI ASSEZ, JE DEMANDE A PARTIR DANS LES NOUVELLES FORMATIONS
Un beau matin, le sergent-major nous lit une note annonçant la création de nouvelles unités d’infanterie, et qu’elles seront formées exclusivement de volontaires. Je décide aussitôt d’en être un et vais me faire inscrire. De Raon, FRENOT fut le seul à me suivre. J’avoue que je fus un peu déçu, mais n’en voulut nullement aux camarades. J’en avais assez de croupir là et de faire le singe à l’exercice. Et puis, ne racontait-on pas que ces nouvelles unités étaient destinées aux Dardanelles ? Ça me bottait ! Pensez donc, le bateau ! La mer, les sous-marins, le soleil de l’Orient, les Turcs…et les Turques ! Que sais-je encore ? J’étais aux anges. FRENOT aussi ! Les copains ne connaîtrait
jamais tout cela : tant pis pour eux ! De ceux-ci, quelques uns voulurent se faire inscrire le lendemain. Il était trop tard. Le contingent fixé pour notre seule Compagnie avait été atteint en une heure. L’exercice était fini pour nous. Des ordres vinrent. Rassemblement à Rolampont pour toucher un nouvel équipement et embarquer. La séance des adieux fut courte. Ça nous remuait quand même un peu.
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Un de 14-18: chapitre 12
30/11/09
VISITE D’INCORPORATION- JE SUIS PROPOSE POUR LA CAVALERIE!
Vint la visite d’incorporation. Déclaré bon pour le service, je retournais me rhabiller quand un infirmier dit:
« – Il a les pieds plats celui-là ! »
Je l’aurais mangé tout cru. Retour près du major qui regarde mes pieds et laisse tomber :
« – Inscrivez ! Changement d’armes ! Artillerie montée ou chasseur à cheval ! »
J’étais effondré. Je tempêtais, me démenais, disant que mes pieds ne me gênaient nullement (ce qui est vrai !), que je voulais être dans l’infanterie, que j’avais peur des chevaux, que nous étions ici 19 du même pays, etc… Je fis tant que le major me dit :
« – Après tout mon petit, (encore une vexation, je le savais que j’étais petit !) si tu y tiens tant que cela reste, mais si tu savais ce qui t’attend, tu t’empresserais de changer. »
Mais j’avais gain de cause. Le roi n’était pas de ma famille ! (Par la suite, j’eus souvent l’occasion de regretter une bonne planque aux chasseurs à cheval comme escorte d’un général).
C’est le lendemain que les Parisiens arrivèrent avec leur grande gueule. Il n’y en avait que pour eux. Ils m’évitèrent, me prenant, avec mon bouc, pour un ancien. Et puis, je les connaissais, y ayant travaillé dans leur Paris ! Au fond, des braves types, mais paradeurs et esbroufeurs en masse. Et quand ils parurent à l’exercice, ils achevèrent d’être mis au pas. Surtout que nous avions un adjudant corse d’origine qui n’arrêtait pas d’aboyer et de hurler après eux.
« – Je vous dompterai vite mes salauds. Vous allez voir que Canavaggia sait faire pisser le sang aux rétifs. »
C’était le type parfait du juteux de l’époque. Il était détesté de tous. Il rejoignit plus tard le 152ème avec un renfort et y fut tué rapidement et bizarrement…Paix à ses cendres.
L’instruction était pénible. Dès 7 heures du matin, les sections partaient dans la boue glacée du cantonnement pour les plateaux enneigés où soufflait une bise glaciale qui eut été mortelle s’il n’y avait eu l’exercice ininterrompu. Mais Dieu que les culasses étaient froides. Et il y avait la reptation dans la neige ! Eh, cette reptation ! Que de mauvais souvenirs elle nous a laissé. C’est ainsi que trempés, glacés, nous rentrions. Heureusement, les habitants avaient pitié. Ils nous séchaient nos treillis et nous laissaient nous approcher du feu.
Vers 6 heures, le soir : soupe ! Oh, pas varié le menu ! C’était toujours la soupe de bœuf, le bouilli et les patates. De très rares fois : pâtes ou haricots. Pas fameux, mais suffisant. Quand on pense aux menus de maintenant dans l’armée, ça fait rêver !
Parfois, nous avions la visite de parents. Cela faisait plaisir. Naturellement, il leur fallait coucher avec nous dans la paille ou le foin. C’était un entracte dans notre vie fort apprécié, mais c’était aussi bien déprimant pour certains cafardeux.
Notre instruction allait donc au pas de course. Cela faisait bien plaisir. Ne nous avait-il pas été notifié à un rapport que nous devions être mobilisables 6 semaines après notre incorporation. Les dépôts se vidaient vite, il fallait tant de renforts. Et, à part nos instructeurs, il n’y avait plus d’anciens ni de bleus de la 14 au dépôt.
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Un de 14-18: chapitre 11
21/09/09
ARRIVEE EN PLEINE NUIT AU DEPOT
Rolampont. Tout le monde descend. Notre cantonnement est Jorquenay à 4 Km de là. Encadrés par quelques sous-off et hommes de troupe, nous nous y rendîmes sous une pluie dense et froide. Nous étions environ 600 que cette pluie ne rendait pas loquaces. Sale pays en vérité. Une couche de 10 cm de boue engluait nos chaussures. Nous y arrivâmes trempés et frigorifiés. Ça débutait bien ! En plus, des tas de fumier énormes partout. Ce patelin devint aussitôt » Jorquenay les fumiers « . Après nous avoir affectés par section, les sous-offs désignèrent nos granges ou greniers. Quoique tout Raon fut de la même compagnie, je me retrouvai seul avec FRENOT à la 1ère section (32ème compagnie). Les autres étaient éparpillés au petit bonheur à travers le pays et les 3 autres sections. A notre grange, le caporal TISSOT de la classe 12 nous met gentiment à notre aise. C’était un ex-blessé du début de la guerre. Les Parisiens, arrivés 3 jours plus tard, achevèrent de compléter les effectifs. Dès le lendemain de notre arrivée, nous fûmes équipés entièrement avec les tenues n° 2 de nos anciens, partis avec du neuf. Le tout était passable. Je ne touchai pas de pantalon. Le sous-off me faisant remarquer que mon pantalon de velours (genre culotte de cheval) était meilleur que ce qu’il avait. Je n’eus que la salopette bleue qui cachait depuis deux mois le pantalon rouge trop voyant. Ma veste était de format court. (En 1916, j’avais encore pantalon et veste.)
Heureux comme des rois, nous filions pour nous transformer enfin en vrais soldats. Le soir, même, nous nous retrouvions tous au bistrot Robinet, où chacun s’émerveillait de se voir aussi beau!
Des gosses quoi! Un seul n’eut pas tout. Chaussant du 45, on ne trouva rien de cette pointure. Si bien que pendant deux mois, il ne fit rien que des corvées en pantoufles. Et encore fallait-il qu’il fasse beau. Sacré BERNEZ va!
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Un de 14-18: chapitre 9
17/06/09
JE RENTRE A RAON – LA CLASSE 15 EST APPELÉE – MES CONSCRITS
Cette affaire m’avait guéri. Je n’irais plus en escapade. Au reste, le jour était proche où il nous faudrait montrer nos anatomies aux majors de l’armée. Novembre 14, les convocations arrivent. De Raon où j’étais remonté, drapeau au vent, nous descendons à Remiremont, braillant plutôt que chantant. Nous avions un clairon qui sonnait ce qu’il savait ou pouvait. C’était une classe formidable. Depuis 50 ans, on n’avait pas vu la pareille à Raon. 23 conscrits de tout poil et grandeur (de 1,52 Aubel à Mougin, 1,82 m). Remiremont était en délire. Il faut avoir connu cette époque, comprendre le prestige de l’armée sur nos régions. Ceci pour vous dire que ce fut dans une ambiance formidable venant autant des civils que des conscrits que se passèrent et le conseil de révision et les virées qui suivirent. 22 sur 23 étaient bons pour le service. Le 23ème , Denis Bailly, gaillard costaud, s’était ouvert le genou en ébranchant un arbre et en avait conservé une ankylose totale.
Ce furent trois jours de folle liesse à courir de ferme en ferme voir les conscrites, très nombreuses aussi. Elles nous recevaient avec gentillesse. C’était la joie. Nous nous amusions donc sans souci. De toute façon, on ne pouvait éviter ce qui nous attendait, la mort comprise. Donc, profitons-en. La suite à plus tard. Après tout : à la guerre comme à la guerre. Il n’y a jamais que les tués pour y rester. Nous ne voulions pas songer à ce qui nous attendait. Piètre philosophie, sans doute, mais combien valable en ces temps.
VOICI NOTRE CLASSE: CEUX QUI SONT SUIVIS DU SIGNE + SONT LES VICTIMES
De Raon-Haute
AUBEL Louis, PIERRE Arthur +, JACQUEMIN Léon +, PETITJEAN Georges (grand invalide), LAMBOTTE Léon, THIRIET Camille, BALLAND Camille +, DIEUDONNE Denis, CHARPENTIER René.
De Raon Basse
MOUGIN Eugène +, VAUBOUG Gabriel +, VAUBOURG Camille +, LAURENT Marcel, FENAUX Georges, CREUSAT Georges +, PIERRON Louis +, GABRION René
De la Racine, des Trayes et du Pranzieux
LAHACHE Georges +, FRENOT Alphonse +, BAILLY Denis (réformé), ARNOULD Louis +, BERNEZ Paul +, GROSSIR Elie. (LAHACHE fut notre premier tué)
On le voit, 13 tués sur 22 appelés, c’est lourd. Allez compter le nombre de morts sur le monument. Vous constaterez que c’est notre classe qui proportionnellement est la plus touchée avec la classe 15. L’explication est la suivante : sur 33 classes mobilisées, ce sont les seules classes à ne fournir que des fantassins. En plus à Raon, notre classe peut être fière, toujours proportionnellement de compter le plus de décorés (FENAUX et MOUGIN, 5 citations). Seuls deux, faits prisonniers au début ne furent pas cités (LAURENT et GABRION) ce qui n’enlève rien à leur valeur. En plus de ces croix de guerre, il y avait 6 Médailles Militaires, 4 Légions d’Honneur (PETITJEAN, DIEUDONNE, FENAUX et moi-même). Une cinquième est en instance à titre posthume pour MOUGIN. A ma connaissance, seuls les deux frères COUSIN, qui eurent la Légion d’Honneur au titre d’officiers, il n’y a à Raon qu’Arthur PIERSON, ancien adjudant de la classe 12, réformé à 100%. Nous pouvons donc être fiers de notre classe et remercier les dieux de la chance qui étaient peut-être présents lors des distributions ??? En 1962, nous restons 7 rabioteurs qui sont PETITJEAN, THIRIET, BAILLY, GROSSIR, DIEUDONNE, GABRION et moi. Ce rabiot est donc apprécié. Profitons-en et pensons à tous nos disparus.
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 8
8/06/09
NOUS SOMMES LIBRES ET RENTRONS A REMIREMONT
Au matin, un sous-officier parut et nous cria:
- « Debout! Préparez-vous! »
C’était plutôt lugubre comme réveil et nous donnait un frisson peu agréable. Conduits à la cuisine, on y boit le jus (peut-être le dernier). Amenés devant le colonel, celui-ci nous dit sans préambule:
- « votre comportement est réglé par la D.I. »
Oui, mais comment? J’étais quand même un peu inquiet surtout que je voyais Boyon blanc comme amidon et Tissier quelque peu affalé, mais rien dans sa face ne laissait voir sa peur avouée par la suite. C’était rudement fort pour un gosse de 14 ans. Quand à moi, je commençais à me dire que c’en était fini, que je n’irais pas à la guerre, que je ne vivrais pas vraiment cette aventure. J’étais malheureux…
Le colonel nous laisse encore mijoter une minute puis nous dit:
- » Mes petits gars, adieu……Vous êtes libres! »
On lui aurait sauté au coup! Mais ça ne se fait pas!
- » Retournez chez vous, voici des laisser-passer jusqu’à Vagney. Après, débrouillez-vous, je ne suis pas en peine. Les vivres de vos colis seront distribués ici même. Voici une lettre que vous remettrez à vos mandants pour confirmer votre arrêt et la distribution des colis. Vous êtes de braves types, et continuez si un jour vous portez l’uniforme. »
Il nous serra la main brutalement.
- » Allez hop! Disparaissez! »
Oui, nous disparûmes et vite je vous assure! Nous entrâmes dans un café , on fit une petite bombance pour fêter notre libération. Les gens eurent peine à croire ce qui nous était arrivé.
Le lendemain, nous étions à Remiremont et remîmes à M. Schulmeyer la lettre du colonel tout en nous excusant de notre échec. Il savait plus ou moins ce qui nous était arrivé, la mairie ayant avisé quelques personnes. Des uns regrettèrent leur colis (Pourquoi? Puisque c’était quand même des soldats qui en avaient bénéficié!), d’autres allèrent jusqu’à nous reprocher notre manque de débrouillardise. Je ne pus m’empêcher de dire à ceux-là: – « Allez-y donc voir vous-même! »
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 7
28/05/09
DE LA CAVALERIE NOUS CERNE ET ON NOUS EMBARQUE!
A 400 mètres à notre gauche, camouflée derrière une haie: une batterie de 75 crachait sans arrêt de ses quatre pièces à fusants que l’on voyait éclater sur le coteau d’en face. Mais pourquoi un officier avec sa jumelle regardait-il avec insistance dans notre direction? Rapidement, on fut fixé! Subitement, une galopade retentit à nos oreilles et on entend aussitôt:
- » En fourrageurs! Sabres au clair! »
Nous bondissons et nous nous relevons pour voir une vingtaine de chasseurs à cheval qui nous encerclait. L’un deux tire une balle avec son mousqueton. La balle piaule entre Boyon et Tissier qui affolés se sauvent à toutes jambes. Je reste sur place et leur crie:
- « Arrêtez! Arrêtez! Ils vont vous sabrer sur place! »
Ce fut salutaire, ils arrêtèrent pile. Et ce n’est pas fiers du tout qu’ils nous cueillirent. Les chasseurs prirent nos laisser-passer et, encadrés par eux, nous partîmes. Tout en marchant, le chef de peloton, un lieutenant, me posait un tas de questions qui m’inquiétait. J’avais l’impression qu’il nous prenait pour des espions. Conduits dans une ferme pleine d’officiers, on nous débarrassa de tout ce que nous avions, poches comprises. Puis on nous enferma dans une chambre, sous la garde d’une sentinelle armée.
Une heure après, nous comparaissions devant un colonel d’artillerie. Sur une table à ses côtés nos lettres et colis ouverts… Interrogatoire d’identité, questions:
- « que faites-vous là? Pourquoi? »
Comment avions-nous fait pour passer les lignes? Qui nous avait guidé ou aidé? Pourquoi nous étions si près de la batterie, etc… Ah! On ne brillait pas! Oh, non!
Puis le colonel s’adressait à moi seul et continuait son interrogatoire. Sans y mettre de formes, nettement, je répondis à toutes ses demandes. J’allai jusqu’à lui dire que j’en étais à ma 3 ème sortie. Comme références, je citai Mr Puton, procureur de la république, Mr Georges Maire, le commissaire de Remiremont, etc… Tous ces messieurs nous connaissant bien.
- « Bien, dit le colonel, mais il n’en reste pas moins que votre attitude est anormale. Des renseignents seront demandés à Remiremont. Demain matin, vous serez fixés sur la suite »
Il se lève et fait signe à la sentinelle de nous emmener. Mais j’avais eu le temps de lui voir faire un clin d’œil plutôt rigolo vers le lieutenant présent à l’interrogatoire. Cela suffit pour me rassurer pour la suite. Amers, mes deux camarades étaient à plat. Impossible de les rassurer. Ils se voyaient déjà fusillés. Ils voyaient leur jeunesse sombrer dans la honte et déploraient cette aventure. J’eus un mal de chien de leur redonner un peu de cran en leur racontant le clin d’œil du colonel. Entre temps, il nous avait été apporté à chacun une gamelle de haricots et de bœuf grillé, pain et eau, la boisson par excellence du soldat. Ce rata semblait ma foi fort bon et j’y fit honneur. Mais pas Boyon et Tissier qui n’avaient encore pas suffisamment réagi. Ils se rattrapèrent dans la nuit, ce qui fit qu’on réussit à la terminer sans trop rêver de poteau d’exécution. Le canon ne nous gênait pas, les coups étaient rares. La bataille était finie et les boches rejetés.
A Suivre…

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