Article tagué livres
Un de 14-18: Prologue
3/05/09
PROLOGUE
Incorporé avec ma classe (1915), je suis versé au 152ème R.I. De Gerardmer. Le dépôt est à ROLAMPONT, HUMES ET JORQUENAY-(Hte-Marne)
Environ 40 jours d’instruction, et comme volontaire je passe au 407ème R.I.
Février 1915, camp du Vald’Ahon (Doubs). Formation nouvelle d’une série allant pour l’infanterie du N° 401 au 421, pour les chasseurs du N° 101 au N° 121. Nos cadres étaient constitués par des gradés blessés et guéris. Quand aux hommes, nous étions tous de la classe 15, soit environ 2600 hommes sur les 3000 que comptait chaque unité.
Sans y mettre la plus petite parcelle d’orgueil, je puis dire que cela donnait de belles unités. Représentez-vous cette masse de gamins plus ou moins imberbes, ayant encore en tête tout ce que nos instituteurs avaient su nous inculquer d’amour de la France, du deuil de l’Alsace-Lorraine et du désir de prendre notre revanche sur 1870. Ces gamins que nous étions allaient avoir à donner une suite à ces leçons et à vivre de grandes choses pour les réaliser.
C’est avec cet état d’esprit que pendant ces terribles années, ils prouvèrent que la confiance mise en eux était méritée et justifiée. Ils furent de toutes les grandes attaques: SOUCHEZ, NEUVILLE-St-WAST, le LABYRINTHE, le MONT-St-ELOI, COTE 140, ARRAS, CHAMPAGNE, BOIS le PRETRE, VERDUN, (ah, ce VERDUN!), Les EPARGES, le CHEMIN DES DAMES, la SOMME, St-MIHIEL, la LORRAINE, l’ALSACE, la terrible ligne HINDENBURG,etc…la culbute des boches, partout il y eut des fantassins des 400 et des chasseurs des 100, et toujours au 1er rang. La grosse majorité gagnait rapidement la fourragère.
VIVE DONC CES FORMATIONS!
Ceci dit, ce n’est pas exactement la guerre que je vais écrire, c’est MA guerre: nuance… Il n’y en aura pas de morale à en tirer. Au reste mon instruction toute primaire m’ôte toute prétention, ensuite, mon français est trop pauvre et je fais bien des fautes! Mais cela je m’en moque puisque j’écris pour me souvenir.
Je m’efforcerai à décrire les secteurs au mieux et les souvenirs s’y rapportant, bons, ou mauvais. Si, parfois je suis entraîné à me montrer dur, ou sévère c’est que revivant des faits qui ont été parfois douloureux, je me retrouverai avec l’état d’esprit de ces moments. Cet état d’esprit que la vie monstrueuse que nous menions mettait en nous quand parfois, on voyait tant d’iniquité, tant d’erreurs qu’il nous fallait payer de notre sang ou de notre dignité, ce qui était pire encore. Les anciens qui pourraient me lire comprendront, quant aux jeunes puissent-ils avoir lu beaucoup de livres sur la GRANDE GUERRE DE 1914/1918.
En tout cas, ce qui va suivre sera strictement exact. Si le hasard veut que ce cahier tombe dans les mains d’un curieux dans 50 ou 100 ans, je lui demande de croire ce qu’il lira. Si toutefois il a le courage d’aller jusqu’au bout! Peut-être le verrai-je du fond de mon trou, j’admirerai son courage. En plus, je serai le plus heureux des esprits s’il veut bien par dessus le marché accorder à ces pauvres bougres de fantassins (ce matériel de tranchées comme nous nous désignons nous mêmes) une petite pensée en se rappelant qu’ils fournirent les ¾ des 1.500.000 tués de cette guerre. Il n’oubliera pas non plus que la moyenne des blessures fût de 3 par fantassins.
A vous Salut et Merci!
René Charpentier
A Suivre…

« Un de 14/18 parmi tant d’autres » de René Charpentier by PhilC est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Un de 14/18 parmi tant d’autres
2/05/09
C’est une des activités d’Histoire que je préfère lorsque j’arrive en remplacement dans une classe de cycle 3. Je donne tout d’abord un bout de texte à lire aux élèves qui identifient très vite qu’il s’agit d’un texte qui traite de la guerre de 14/18 (généralement, c’est le prologue du livre qui me sert de point de départ). Un fois le texte lu, je leur donne une photocopie du cahier original où se trouve également le nom de l’auteur du texte. Les élèves se rendent alors compte que l’instit qu’ils ont devant eux et l’auteur du livre portent le même nom. S’en suit après la découverte des documents originaux: les cahiers d’écoliers et le livre. C’est ma manière à moi de faire « toucher » aux élèves un bout de mémoire de l’Histoire de France.
Car « Un de 14/18 parmi tant d’autres« , c’est l’histoire de mon arrière oncle qui a eu la chance de traverser la grande guerre et de s’en sortir, contrairement à tant d’autres… Il décide, un jour, de tout consigner ses souvenirs dans des cahiers d’écoliers, afin de garder trace de ce qu’il avait pu vivre. Ces cahiers, au nombre de huit (et c’est écrit tout petit!), se détériorent et il décide de dactylographier le tout et de relier tous les feuillets en un livre qui est donc devenu un exemplaire unique de cette mémoire( la sienne, comme il le précise!).
Il y a quelques années, j’ai décidé, à mon tour, de poursuivre l’aventure, beaucoup moins dangereuse pour moi, et de tout retaper le livre de manière à ce qu’il en reste une trace numérique. Bien qu’une rubrique consacrée à ce livre ait existé sur l’ancienne formule de « Portail Web Ecoles », elle ne me convenait pas, car elle était trop compacte à mon goût… Aussi, la publication de ce livre sur ce blog va me permettre plusieurs choses:
- une publication paragraphe par paragraphe, de manière à ce qu’elle s’étale dans le temps, un peu à la manière d’un feuilleton.
- cette forme de publication me permettra une relecture et une correction beaucoup plus approfondie, car le fichier Word, c’est 120 pages, 90 372 mots et 527 646 caractères! (et donc de quoi faire pas mal de coquilles…)
- les dessins, faits en 1964 lors de la mise en page du livre, pourront ainsi retrouver leur place originale au fur et à mesure de la mise en ligne
![]() |
![]() |
Quant au rythme de publication des nombreux paragraphes, j’essaierai de respecter un rythme assez régulier…
A bientôt pour le premier de cette série qui sera longue!
Bibliothèque Numérique Mondiale
21/04/09
La Bibliothèque numérique mondiale met à disposition sur Internet, gratuitement et en plusieurs langues, une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.
Les principaux objectifs de la Bibliothèque numérique mondiale sont les suivants :
- Promouvoir l’entente internationale et interculturelle ;
- Développer le volume et la diversité des contenus culturels sur Internet ;
- Fournir des ressources pour les éducateurs, les chercheurs et le grand public ;
- Donner les moyens aux établissements partenaires de réduire les fractures numériques au sein des pays et entre pays.
La Bibliothèque numérique mondiale permet de découvrir et d’étudier les trésors culturels du monde entier sur un seul site, de différentes manières et de façon agréable. Ces trésors culturels sont constitués, entre autres, de manuscrits, de cartes, de livres rares, de partitions musicales, d’enregistrements, de films, de gravures, de photographies et de dessins d’architecture.
Les articles de la Bibliothèque numérique mondiale peuvent être facilement parcourus par lieu, date, thème, type d’élément et institution participante, ou peuvent être trouvés par recherche ouverte, et ce dans plusieurs langues. Parmi les spécificités du site, on trouve des clusters géographiques interactifs, une chronologie, un système de visualisation d’image perfectionné et des capacités d’interprétation. Des descriptions et des entretiens avec les conservateurs de musée sur les articles en question permettent d’obtenir des informations complémentaires.
Les outils de navigation et le contenu des descriptions sont fournis en anglais, arabe, chinois, anglais, français, portugais, russe et espagnol. Beaucoup d’autres langues sont représentées dans les livres, manuscrits, cartes, photographies, ainsi que dans d’autres documents primaires accessibles dans leur langue d’origine.
La Bibliothèque numérique mondiale a été mise au point par une équipe de la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis, avec la contribution d’institutions partenaires dans de nombreux pays ; le soutien de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ; et le soutien financier d’un certain nombre d’entreprises et de fondations privées.
Découvrir le site ici: http://www.wdl.org/fr/





