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Un de 14-18: chapitre 5
20/05/09
JE ME RÉEMBAUCHE A MON ANCIENNE MAISON A REMIREMONT
Sachant que ma classe allait être appelée sitôt la 14 instruite, j’allai m’embaucher à mon ancienne maison de Remiremont dont le patron (Mougin) était mobilisé au 5° C.A.P. (je le retrouvai en 17 comme lieutenant et il fut tué peu après au Chemin des Dames). Je revis avec plaisir le neveu de la maison qui y était déjà lors de mon premier séjour . Il s’appelait Pol Boyon et était de ma classe. Il devait être grièvement blessé aux attaques de septembre 15 d’une balle qui lui a enlevé la moitié de la mâchoire inférieure. Cela se passait en Artois au fameux bois en H, d’où l’avant veille, mon Régiment étant à la côte 140 secteur de Neuville-St-Wast, j’avais été le voir en ligne. Horriblement défiguré, il eut la douloureuse gloire de faire partie de la grande cohorte des GUEULES CASSÉES. Rentré en 17 chez lui, à Mirecourt, il géra la COOP agricole. Mais handicapé moralement et physiquement, il mourut à 35 ans.
Après le travail au magasin, nous nous retrouvions le soir entre plusieurs conscrits et naturellement pour causer de notre future incorporation. La guerre battait son plein. Des nouvelles nous parvenaient de soldats. C’est ainsi que l’on sut que plusieurs bataillons ou régiments se trouvaient dans les Hautes-Vosges. Je résolus d’aller voir l’une ou l’autre de ces unités. J’en fis part à plusieurs clientes du magasin. Ce fut un succès. Je me vis bientôt en possession de plusieurs petits colis, de lettres et d’argent à remettre en cas de réussite. Je partis accompagné de Boyon et d’un autre conscrit de Raon, Elie Grossir qui avait 3 frères mobilisés au 149 et 158. Ils furent tous tués par la suite. M. Georges, maire de Remiremont, nous avait fourni des laisser-passer, qui, en réalité avaient peu de valeur. Nous partîmes sur Rambervillers où se situait une partie de la D.I. D’Epinal. But atteint sans histoire. Là, on apprend que certaines unités se trouvaient partie vallée du Rabodeau, partie vallée de la Meurthe. Malgré des avis contraires, c’est vers la Chipotte que l’on se dirigea. Le canon y grondait. On distinguait sur la crête le rougeoiement des éclatements et en bas, le départ des canons français. Chargés de nos colis, en file indienne, nous avancions. De temps à autre, des groupes armés ou des caissons d’artillerie nous croisaient. Nous ne fûmes jamais arrêtés. Plus on avançait, plus le vacarme devenait assourdissant, plus la forêt nous apparaissait mystérieuse, inquiétante sous les brèves lueurs des fusées, des éclatements et du sifflement des obus. Sans un mot nous allions. Je me demandais:
» – Que ferions nous si l’un ou l’autre disait on retourne? »
Pour moi, je me répondis:
» – t’as voulu voir, donc marche, ce n’est pas le moment de flancher. »
A tout hasard, je demandai:
» – Ça va Pol, et toi Elie?
- Oui, oui, ça va. »
C’était dit nettement, ça allait donc bien. Nous pénétrions à ce moment dans le bois. A droite, à gauche, le canon tirait toujours. Des sifflements bizarres plutôt légers, se faisaient entendre au-dessus de nos têtes ainsi que des chocs sur les branches et troncs de sapins. On ne fut pas long à comprendre. C’était des balles boches perdues.
» – Elles passent haut, dit Boyon.
- Oui, répond Grossir, c’est pas dangereux.
- C’est vrai, dis-je, mais elles sont là quand même. »
On montait toujours. Mais notre course allait se terminer. En effet, au premier grand virage, deux gaillards débouchent du talus, fusils croisés. Un « Halte » énergique nous cloue sur place. « Avancez! » On obtempère.
» -Merde, dit l’un d’eux, c’est des civils! Hé cabot, viens voir! »
Il vint et nous regarda sous un bref éclairage de sa lampe de poche. Aussi ahuris l’un que l’autre:
» – Mais c’est le Pol et René!
- Mais c’est toi Lalevée! Allez hop, à l’abri. »
Là, Lalevée, dit Tinette de la classe 14 (engagé) garçon de café dans le civil à Remiremont nous engueule et nous demande ce qu’on foutait là. Nous lui expliquons et, ayant argent et colis pour lui, nous lui remettons (le tout bienvenu!). Il nous dit pouvoir se charger de ce qui pouvait être aux camarades de son unité. Quand aux autres, pas de possibilité, ne sachant où se trouvaient les autres éléments. Il nous conseille d’arrêter là notre recherche car c’est la bataille partout aux alentours et ça ferait du vilain si on était pris. Il nous dit qu’ils sont en réserve et que bientôt ils vont monter. Sur ces entre faits, un planton arrive. Signal de branle-bas. Avec stupéfaction, nous voyons surgir de partout une centaine d’hommes équipés. Tinette nous quitte en nous embrassant tout en recommandant de ne pas quitter le bois avant le jour.
Restés dans l’entrée de l’abri, nous écoutons. Le bombardement de la crête était toujours plus dense. Les éclatements et les points de chute se multipliaient. Cela commençait à nous impressionner terriblement. Tassés sur nous-mêmes, nous ne sommes pas tellement reluisants. Et dans tout cela, que deviennent Tinette et ses camarades.
On rentre dans l’abri, où roulés dans nos couvertures, nous essayons de dormir. Mais il nous manquait l’habitude de ce bruit de mort, le sommeil nous fuyait. De plus, sur la route, dans un bruit de ferraille, les caissons d’artillerie se succédaient accompagnés des jurons des conducteurs et des hennissements des chevaux. Mais ce qui nous fit le plus froid, ce fut la descente de plusieurs ambulances…
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 4
14/05/09
JE DOIS QUITTER TOUL
Un jour, grillant du café dans la cour, j’entendis cogner à la porte. La patronne vint ouvrir. C’était le commissaire de police qui demandait ce que je faisais là, moi jeune n’ayant aucune autorisation de séjour. Je suis emmené sans ménagement au poste. J’étais furieux. Questionné, (l’espionnite commençait à régner) j’exposai ma situation et mon état-civil ainsi que les endroits où j’avais déjà travaillé (Val d’Ajol, Remiremont, Paris). Le commissaire ignorait que je l’avais connu à Remiremont d’où il sortait. Mon exposé terminé, il me demande de lui citer des personnalités de cette ville. Je lui en citai autant qu’il en voulut en terminant par le sien et lui rappelant son intervention lors de l’incendie Burgunder. Fixé et paraissant ennuyé, il me dit regretter, mais qu’il était dans l’obligation « de me refouler »:
« - Je vais vous faire un laisser passer pour Neufchateau au lieu du Midi comme sont les ordres. Une fois là, vous vous débrouillerez bien pour rentrer chez vous en douce. »
Remerciements. Je revins à la maison. Je fis mes adieux à la patronne lui souhaitant bon courage et m’en fus nanti d’un gros colis. J’arrivai facilement à Neufchateau, et à peu près aussi facilement à prendre en douce un marchandise via Epinal-Arches où j’arrivai en pleine nuit. Le poste de G.V.C. me mit en demeure de rester là. Je ne me frappai pas et m’étendis sur la paille, dans la salle d’attente. Réveillé dans la nuit par une relève, je fus tout surpris de trouver un de mes oncles (Jules Dieudonné, frère de ma mère) qui évidemment se porta garant pour moi auprès du sous-off. Redemandant à partir de suite, il me répondit:
« - Pas question! C’est ton oncle Louis qui est de garde sur ton passage et lui, tu le connais: service service, il te tirerait dessus! (Cet oncle Louis est le frère de mon père) »
Après une petite discussion, le sous-off me laisse partir accompagné de mon autre oncle. (Cet oncle Louis vit toujours et se rappelle. Il a 93 ans cette année). J’arrivai à la maison vers 4 heures du matin. Mes parents furent vite debout et après les effusions me demandèrent ce qui m’était arrivé depuis la mobilisation. Je racontai mon histoire. A la suite, j’appris que mon frère Marcel était à Lunéville où il était contraint de ravitailler les fritzs, étant gérant de la COOP des faïenceries. (Quand Lunéville fut reprise, il rejoignit l’intendance à Epinal où il était affecté).
A Suivre…

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Un de 14-18: chapitre 3
14/05/09
JE DÉCIDE DE M’ENGAGER
Pendant ce temps, de la frontière, arrivaient des jeunes Alsaciens-Lorrains ne voulant pas porter l’uniforme allemand et demandant à s’engager. Rien qu’à Toul, il en vint en quelques jours, environ 6.000. Trois casernes furent nécessaires pour les héberger. Le même enthousiasme, le même désir de se battre se manifestaient chez nous, si bien que 3 commis épiciers de la maison avertirent la patronne qu’ils allaient s’engager. Inutile d’essayer de les retenir. Pour eux, la France les attendait. Tu parles!
La patronne nous fit à chacun un colis de conserves et de tabac. Et sans doute, pensant à son mari parti dès le premier jour au 156ème à Toul, versait quelques larmes en nous voyant partir vers la place d’armes près de la cathédrale.
Des quantités de jeunes étaient là. Nous attendîmes que les autorités submergées par ce flot de volontaires prennent les décisions nécessaires émanant du Ministère de la Guerre. Fiers d’être bientôt sous l’uniforme, nous patientions dans la bonne humeur. Ne touchant aucun vivre, il fallut se débrouiller. Enfin vint un ordre de nous répartir dans 3 casernes de la ville, où il nous fut distribué du pain et du singe. Eau à discrétion des bornes de la cour. Le lendemain, formés par équipes, on nous conduisit creuser des tranchées autour des forts de la ville. Situation bizarre. Et de rouspéter, clamant que nous étions venus pour en découdre et non faire les terrassiers. A peine admettions-nous quelques semaines d’instruction avant le départ en renfort.
Un beau matin, on nous distribue à chacun un vieux képi. Enfin on commençait à nous prendre au sérieux! On commençait à ressembler à un vrai troufion. C’était déjà un point d’acquis. Vous pensez si on se redressait! Vint le jour où on fut présenté au Conseil de Révision. Il était temps, beaucoup d’entre nous parlaient d’aller faire un tour dans un autre camp d’engagement. Visites ultra rapides. Tous, ou à peu près, étaient déclarés « bon ». Pour moi, il y eut un hic ainsi que pour bien d’autres. Je n’avais pas de consentement des parents. Impossible de l’obtenir, Toul ville fermée n’avait aucune correspondance avec le dehors. J’eus beau protester, crier, rien n’y fit. La mort dans l’âme, je dus abandonner les camarades, mes illusions, ma soif d’être soldat. Déçu, découragé, je rentrai chez ma patronne. Elle n’avait plus qu’un apprenti pour un gros train de commerce et sa charge de deux petits enfants ainsi que le souci de son mari dont elle n’avait évidemment aucune nouvelle. Je me remis au travail et mis de l’ordre dans les rayons qui en avaient bien besoin.
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Un de 14-18: chapitre 2
8/05/09
LA MOBILISATION PARTIELLE EST AFFICHÉE DANS LE NORD ET L’EST
J’étais commis épicier à Toul, rue St Jean, (Epicerie SOUVAY, un vosgien également). Tous les jours, nous allions livrer des marchandises dans l’une ou l’autre des cantines régimentaires de la garnison composée de sous régiments de 2 divisions, plus d’un Régiment d’artillerie de campagne, d’un d’artillerie lourde, d’un de dragons, d’un d’aérostiers avec deux dirigeables (Adjudant Vincent et Adjudant Réau) de l’intendance du corps d’armée, d’un régiment du génie, de l’État-Major des deux D.I. Dans toutes les casernes, on constatait une fébrile agitation. Des trains de matériels neufs, de vivres, de munitions se succédaient en gare et ces stocks s’entassaient dans les magasins ou casemates des fortifications. Cela commençait terriblement à puer la guerre. Et le ciel persistait à être toujours aussi rouge… Puis vint le coup de SARAJEVO qui allait mettre en branle tout ce qu’on redoutait et espérait tant à la fois: l’affichage de la mobilisation partielle dans les régions de l’Est permettant la mise en place des troupes de couverture des régions de VERDUN, NANCY, TOUL, BAR le DUC, NEUFCHATEAU, EPINAL, LUNEVILLE, COMMERCY, BESANCON et BELFORT. C’était le 28 juillet.
Les réservistes arrivèrent aussitôt. En deux jours, les effectifs étaient au complet, soit 32.000 hommes qui rejoignirent aussitôt leurs positions de combat.
Ce fut vraiment beau ce défilé dans les rues si étroites de l’époque de Vauban avec son enceinte de fortification percée de 4 portes à pont-levis. Ce n’était qu’un océan de képis et de pantalons rouges et de capotes bleues. Sur leur visage clair, les hommes montraient une lumière indéfinissable de force et de gloire à venir. Ils ne songeaient pas à la terrible aventure vers laquelle ils allaient, pas plus qu’aux flots de sang qu’il faudrait verser pour l’avoir. Ce sang, de tant des leurs, dont le ciel était toujours marqué.
Pourtant, sur les trottoirs, femmes et enfants laissaient tout de même voir des pleurs…
Puis ce fut le 2 Août. Les escarmouches commencèrent. Saverne, Munster, Colmar sont pris. Colmar le fut sans doute, il fallait le lâcher. Et ça continuait, on approchait de Metz, de Strasbourg. C’était la joie, on se voyait déjà à Berlin (Que ne racontait-on pas?) Jusqu’à cette fameuse toute nouvelle poudre: la Turpinite, dont étaient chargés nos obus. Poudre terrible dont la fantastique explosion foudroyait le boche sur 100 m de rayon! Le laissant dans la position où il se trouvait à ce moment!!!
Mais bientôt vinrent d’autres nouvelles. La Belgique violée, les troupiers de ce pays pourtant très braves, obligés de céder. Puis ce fut la tragédie de Charleroi, notre repli sur l’Aisne, la Marne, Paris menacé. Enfin, ce fut l’arrêt avec la victoire de la Marne. Elle allait nous permettre de souffler et d’espérer.
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Un de 14-18: chapitre 1
8/05/09
JUILLET 1914
L’été se déroulait sous un soleil resplendissant. Il faisait bon vivre. C’était la belle époque! Bien sûr, il y avait Guillaume II et son gouvernement qui se montraient arrogants. Bien sûr, il y avait eu Algésiras, le coup du Zeppelin sur Lunéville, cet officier prussien qui faisait descendre du trottoir tout Alsacien en les insultant grossièrement. Il ne fallait pas que ce fou hargneux, odieux risque d’être frôlé par un Alsacien… Bien sûr, il y avait les provocations des troupes allemandes venant défiler au pas de parade à la frontière, narguant ouvertement les populations. Bien sûr, il y avait continuellement des violations de territoire. Et tant d’autres choses qu’insouciant et bon enfant le Français ne voulait pas voir. Il faisait si bon vivre! Pendant que ces événements se déroulaient, un phénomène curieux se déroulait. Au réveil, un matin, les régions de l’Est et du Nord constataient que le ciel était au ¾ rouge. D’un rouge sang. Et cela durant plus d’un mois. Cela devenait obsédant. A la longue, les gens influencés se montraient inquiets, nerveux, d’autant plus que les vieillards y voyaient un avertissement du ciel. Et la situation allait toujours s’alourdissant avec les Allemands.
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Un de 14-18: Prologue
3/05/09
PROLOGUE
Incorporé avec ma classe (1915), je suis versé au 152ème R.I. De Gerardmer. Le dépôt est à ROLAMPONT, HUMES ET JORQUENAY-(Hte-Marne)
Environ 40 jours d’instruction, et comme volontaire je passe au 407ème R.I.
Février 1915, camp du Vald’Ahon (Doubs). Formation nouvelle d’une série allant pour l’infanterie du N° 401 au 421, pour les chasseurs du N° 101 au N° 121. Nos cadres étaient constitués par des gradés blessés et guéris. Quand aux hommes, nous étions tous de la classe 15, soit environ 2600 hommes sur les 3000 que comptait chaque unité.
Sans y mettre la plus petite parcelle d’orgueil, je puis dire que cela donnait de belles unités. Représentez-vous cette masse de gamins plus ou moins imberbes, ayant encore en tête tout ce que nos instituteurs avaient su nous inculquer d’amour de la France, du deuil de l’Alsace-Lorraine et du désir de prendre notre revanche sur 1870. Ces gamins que nous étions allaient avoir à donner une suite à ces leçons et à vivre de grandes choses pour les réaliser.
C’est avec cet état d’esprit que pendant ces terribles années, ils prouvèrent que la confiance mise en eux était méritée et justifiée. Ils furent de toutes les grandes attaques: SOUCHEZ, NEUVILLE-St-WAST, le LABYRINTHE, le MONT-St-ELOI, COTE 140, ARRAS, CHAMPAGNE, BOIS le PRETRE, VERDUN, (ah, ce VERDUN!), Les EPARGES, le CHEMIN DES DAMES, la SOMME, St-MIHIEL, la LORRAINE, l’ALSACE, la terrible ligne HINDENBURG,etc…la culbute des boches, partout il y eut des fantassins des 400 et des chasseurs des 100, et toujours au 1er rang. La grosse majorité gagnait rapidement la fourragère.
VIVE DONC CES FORMATIONS!
Ceci dit, ce n’est pas exactement la guerre que je vais écrire, c’est MA guerre: nuance… Il n’y en aura pas de morale à en tirer. Au reste mon instruction toute primaire m’ôte toute prétention, ensuite, mon français est trop pauvre et je fais bien des fautes! Mais cela je m’en moque puisque j’écris pour me souvenir.
Je m’efforcerai à décrire les secteurs au mieux et les souvenirs s’y rapportant, bons, ou mauvais. Si, parfois je suis entraîné à me montrer dur, ou sévère c’est que revivant des faits qui ont été parfois douloureux, je me retrouverai avec l’état d’esprit de ces moments. Cet état d’esprit que la vie monstrueuse que nous menions mettait en nous quand parfois, on voyait tant d’iniquité, tant d’erreurs qu’il nous fallait payer de notre sang ou de notre dignité, ce qui était pire encore. Les anciens qui pourraient me lire comprendront, quant aux jeunes puissent-ils avoir lu beaucoup de livres sur la GRANDE GUERRE DE 1914/1918.
En tout cas, ce qui va suivre sera strictement exact. Si le hasard veut que ce cahier tombe dans les mains d’un curieux dans 50 ou 100 ans, je lui demande de croire ce qu’il lira. Si toutefois il a le courage d’aller jusqu’au bout! Peut-être le verrai-je du fond de mon trou, j’admirerai son courage. En plus, je serai le plus heureux des esprits s’il veut bien par dessus le marché accorder à ces pauvres bougres de fantassins (ce matériel de tranchées comme nous nous désignons nous mêmes) une petite pensée en se rappelant qu’ils fournirent les ¾ des 1.500.000 tués de cette guerre. Il n’oubliera pas non plus que la moyenne des blessures fût de 3 par fantassins.
A vous Salut et Merci!
René Charpentier
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Un de 14/18 parmi tant d’autres
2/05/09
C’est une des activités d’Histoire que je préfère lorsque j’arrive en remplacement dans une classe de cycle 3. Je donne tout d’abord un bout de texte à lire aux élèves qui identifient très vite qu’il s’agit d’un texte qui traite de la guerre de 14/18 (généralement, c’est le prologue du livre qui me sert de point de départ). Un fois le texte lu, je leur donne une photocopie du cahier original où se trouve également le nom de l’auteur du texte. Les élèves se rendent alors compte que l’instit qu’ils ont devant eux et l’auteur du livre portent le même nom. S’en suit après la découverte des documents originaux: les cahiers d’écoliers et le livre. C’est ma manière à moi de faire « toucher » aux élèves un bout de mémoire de l’Histoire de France.
Car « Un de 14/18 parmi tant d’autres« , c’est l’histoire de mon arrière oncle qui a eu la chance de traverser la grande guerre et de s’en sortir, contrairement à tant d’autres… Il décide, un jour, de tout consigner ses souvenirs dans des cahiers d’écoliers, afin de garder trace de ce qu’il avait pu vivre. Ces cahiers, au nombre de huit (et c’est écrit tout petit!), se détériorent et il décide de dactylographier le tout et de relier tous les feuillets en un livre qui est donc devenu un exemplaire unique de cette mémoire( la sienne, comme il le précise!).
Il y a quelques années, j’ai décidé, à mon tour, de poursuivre l’aventure, beaucoup moins dangereuse pour moi, et de tout retaper le livre de manière à ce qu’il en reste une trace numérique. Bien qu’une rubrique consacrée à ce livre ait existé sur l’ancienne formule de « Portail Web Ecoles », elle ne me convenait pas, car elle était trop compacte à mon goût… Aussi, la publication de ce livre sur ce blog va me permettre plusieurs choses:
- une publication paragraphe par paragraphe, de manière à ce qu’elle s’étale dans le temps, un peu à la manière d’un feuilleton.
- cette forme de publication me permettra une relecture et une correction beaucoup plus approfondie, car le fichier Word, c’est 120 pages, 90 372 mots et 527 646 caractères! (et donc de quoi faire pas mal de coquilles…)
- les dessins, faits en 1964 lors de la mise en page du livre, pourront ainsi retrouver leur place originale au fur et à mesure de la mise en ligne
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Quant au rythme de publication des nombreux paragraphes, j’essaierai de respecter un rythme assez régulier…
A bientôt pour le premier de cette série qui sera longue!




